20/07/2026

Discours de haine

L’Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie détecte plus de 40 000 contenus haineux sur les réseaux sociaux en juin

Topics:

  • Migraciones
  • Le milieu sportif a été le deuxième facteur déclencheur, avec 16% des messages surveillés
  • Pendant la Coupe du Monde de football, une présence significative de messages racistes et islamophobes contre les équipes et les joueurs, et plus particulièrement contre le footballeur espagnol Lamine Yamal, a été détectée.
  • Les personnes d’origine nord-africaine ont concentré 88% des messages analysés, restant le principal groupe cible des discours haineux
  • 61% des contenus signalés ont été retirés par les plateformes numériques
  • Le langage agressif explicite était présent dans 89% des messages surveillés et près d’un tiers des messages comportaient des images, des vidéos ou des mèmes.

Au cours du mois de juin, un total de 40 861 contenus liés à des discours haineux et à des récits discriminatoires diffusés sur Internet ont été détectés, selon le bulletin de surveillance des réseaux sociaux de juin 2026.

Des messages faisant allusion à l’insécurité citoyenne, souvent décontextualisés ou faux, regroupent 69% des contenus détectés, tandis que le milieu sportif, avec 16% des messages surveillés, est le deuxième des détonateurs. En particulier, des messages racistes et islamophobes associés à des équipes nationales, des supporters et des sportifs ont été détectés lors de la Coupe du monde de football. Le rapport reprend notamment le volume de contenus hostiles diffusés autour du joueur de l’équipe espagnole Lamine Yamal, qui ont motivé des commentaires discriminatoires liés à ses origines et à son identité.

Sur l’échantillon de contenus sélectionnés et notifiés, le taux de retrait par les plateformes s’est établi à 61 %, soit quatre points de pourcentage de moins qu’en mai, où il avait atteint 65 %.

L'analyse, élaborée par l'Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie (OBERAXE), rattaché au Secrétariat d'État aux migrations, est élaborée à partir des données obtenues par le système FARO et permet d'identifier les tendances, les épisodes détonants et les modes de diffusion des messages discriminatoires détectés sur les principales plateformes numériques.

Différences dans la réponse des plateformes

Le bulletin d’information de l’OBERAXE montre qu’il existe toujours des différences significatives dans l’efficacité des mécanismes de notification utilisés pour signaler des contenus illicites. Dans le cas des communications effectuées par des utilisateurs privés, les plateformes ont retiré 10% des contenus signalés, un pourcentage légèrement inférieur à celui observé le mois précédent. En outre, 5% des messages ont été supprimés dans les 24 heures suivant le signalement, 1% de plus dans les 48 heures et 4% dans la semaine.

Par ailleurs, les communications gérées via le canal de confiance ou trusted flagger ont enregistré un taux de retrait de 51%, soit deux points de pourcentage de moins qu'en mai. Les résultats confirment la plus grande efficacité de cette voie spécialisée pour la détection et le retrait de contenus potentiellement illicites, renforçant l’importance de la coopération institutionnelle avec les plateformes numériques.

Les différences sont également reflétées dans l'analyse du comportement de chaque plate-forme. TikTok a enregistré le taux de retrait le plus élevé, avec 98% des contenus signalés supprimés, soit huit points de plus que le mois de mai. X a atteint un taux de 93%, tandis que Facebook a retiré 62% des contenus signalés. Pour sa part, Instagram a supprimé 32% des messages signalés et YouTube a atteint un taux de 8%, concentrant toutes ses retraits sur la voie trusted flagger.

 

Les personnes d’origine nord-africaine restent le principal groupe cible

L’analyse des groupes cibles des discours haineux montre que les personnes d’origine nord-africaine ont concentré 88% des contenus analysés, se consolidant comme le groupe le plus touché par ces récits discriminatoires. Ce pourcentage représente une augmentation de dix points de pourcentage par rapport au mois de mai, prolongeant ainsi la tendance à la hausse observée au cours des derniers mois.

Les messages dirigés contre les musulmans représentaient 11 % des contenus enregistrés, soit une baisse de 14 points de pourcentage par rapport au mois précédent. Le contenu ciblant les personnes d’ascendance africaine a atteint 7% du total, soit quatre points de moins qu’en mai. Des messages dirigés contre des personnes d’Amérique latine et contre la communauté juive ont également été identifiés, bien qu’avec des pourcentages nettement inférieurs.

La déshumanisation grandit dans les messages analysés

En ce qui concerne le type de contenu diffusé, le bulletin de juin souligne une augmentation significative des messages qui déshumanisent ou dégradent gravement les groupes cibles. Cette catégorie a atteint 48% du total des contenus surveillés, soit vingt-cinq points de pourcentage de plus que le mois précédent. Selon l’analyse, cette augmentation reflète la persistance de dynamiques de normalisation des attitudes hostiles envers les groupes vulnérables dans les espaces numériques.

Les messages qui présentent les groupes cibles comme une menace représentaient 32% du total, tandis que ceux qui incitent à l'expulsion atteignaient 10%. De même, 6 % des contenus contenaient des messages promouvant la violence, 3 % louaient ceux qui s’en prenaient à ces groupes et 1 % encourageaient le discrédit des groupes concernés.

La forme d’expression utilisée dans ces discours reste caractérisée par un degré élevé d’agressivité. Quatre-vingt-neuf pour cent des contenus analysés ont utilisé un langage agressif explicite sous la forme d’insultes, de menaces ou de dénigrement visant des migrants et d’autres groupes racialisés. En outre, 10 % ont recouru à l'ironie ou au sarcasme pour diffuser des messages discriminatoires apparemment humoristiques.

Le rapport indique également que 32% des contenus incorporent des images, des vidéos, des mèmes ou un langage codé. Ce type de ressources facilite la viralisation des messages et rend difficile leur identification et leur détection précoce par les systèmes automatisés de modération de contenu.


 

L’insécurité citoyenne et le sport, principaux catalyseurs

Parmi les épisodes qui ont alimenté la diffusion de discours haineux pendant le mois de juin, l’insécurité citoyenne a concentré 69% des contenus détectés. Il est suivi par le milieu sportif comme deuxième facteur déclencheur, avec 16% des messages surveillés.

L’analyse souligne la persistance de récits qui associent largement les migrants à des phénomènes de délinquance, de conflit social ou de troubles de l’ordre public, à la fois à partir d’événements d’actualité et à travers la diffusion de contenus faux ou décontextualisés.

Les politiques publiques ont représenté 11 % des contenus analysés et ont été principalement liées à des discussions sur les mesures d’inclusion et d’intégration et au processus extraordinaire de régularisation des immigrants impulsé par le gouvernement. Pour leur part, les contenus liés aux agressions sexuelles représentaient 9 % du total, tandis que ceux liés au terrorisme et à l'arrivée de bateaux représentaient 3 % et 2 %, respectivement.

Les données recueillies en juin mettent en évidence la persistance de récits discriminatoires dirigés contre les immigrants et les groupes racialisés dans l’environnement numérique. Le suivi développé par le système FARO permet d’identifier l’évolution de ces phénomènes et de renforcer les actions de collaboration avec les plateformes technologiques afin d’améliorer la détection, la notification et le retrait de contenus contraires à la coexistence, à l’égalité de traitement et aux droits fondamentaux.

Le bulletin d'information peut être consulté à l'adresse suivante: https://run.gob.es/yfl2786e